Comment rédiger une autorisation de droit à l'image ?

Publié le

Mise à jour : 2026-10-01

Vous organisez une convention, un gala ou un séminaire. Les invités vont passer devant l'objectif, et chacun dispose d'un droit sur son image. L'écrit n'est pas une formalité administrative. C'est la preuve que vous devrez produire le jour où une image publiée gêne quelqu'un. Et c'est à celui qui diffuse de l'apporter (Associathèque, 14 août 2024). Un document valable repose sur trois conditions : un consentement écrit, recueilli avant la prise de vue, pour un usage précis. Concrètement, il indique les finalités, les supports, la durée et la zone de diffusion. Nous lisons régulièrement ce document quand nous réalisons un reportage événementiel corporate, et il est souvent incomplet. S'il ne mentionne ni les supports ni la durée, il ne vous protège pas. Ce guide détaille les mentions à écrire, les cas des mineurs et des invités, et les risques encourus. Il explique aussi la façon de recueillir les signatures le jour de l'événement.

En bref

  • Toute personne identifiable peut s'opposer à la captation et à la diffusion de son image (portail associations.gouv.fr ; fiche service-public n° F32103).
  • L'accord se recueille par écrit, avant la prise de vue : être photographié ne vaut pas accord de diffusion (Associathèque, 14 août 2024).
  • Le consentement doit être libre, spécifique et éclairé ; une autorisation « pour tous les projets » n'a aucune valeur (associations.gouv.fr ; académie de Toulouse).
  • Six mentions au minimum : les types de prise de vue, les supports visés, les finalités de la captation, la durée, la zone géographique de diffusion et un bloc d'information RGPD (associations.gouv.fr). Les modèles de l'académie de Toulouse y ajoutent l'enregistrement de la voix.
  • Pour un mineur, l'autorisation écrite des représentants légaux est obligatoire (fiche F32103).
  • Capter l'image d'une personne dans un lieu privé sans son accord, en portant atteinte à l'intimité de sa vie privée, expose à 1 an d'emprisonnement et 45 000 € d'amende. La diffuser ensuite est puni des mêmes peines (Code pénal, art. 226-1 et 226-2).
  • Chaque personne signe son propre formulaire, à conserver avec le reportage.

Qu'est-ce que le droit à l'image et pourquoi signer une autorisation ?

Le droit à l'image n'a pas de texte propre. Il se déduit de l'article 9 du Code civil, qui consacre le droit au respect de la vie privée. Les juges l'apprécient au cas par cas. Il vaut pour toute personne identifiable sur un cliché ou une vidéo : salarié, invité, intervenant, passant. Ce droit reste attaché à la personne : nul n'est propriétaire de l'image d'autrui. On n'acquiert donc pas le droit à l'image d'un invité, on obtient une autorisation bornée à un usage précis.

En réunion de préparation, deux documents distincts sont régulièrement pris l'un pour l'autre. Nos prestations incluent la cession de droits : elle porte sur les droits d'auteur du photographe attachés aux fichiers que nous livrons. Elle règle ce qui se passe entre vous et nous, pas entre vous et vos invités, et ne vaut jamais autorisation des personnes représentées. Les deux pièces sont nécessaires : l'une vous permet d'exploiter les photos, l'autre, et elle seule, vous couvre face à ceux qui y figurent.

Dans quels cas faut-il demander une autorisation ?

Une seule question commande la réponse. La personne est-elle reconnaissable ? Si oui, son accord préalable est nécessaire : dans un lieu privé dès qu'elle est identifiable, dans un lieu public dès qu'elle est isolée du groupe. Toute réutilisation dans un autre but exige un nouvel écrit : des photos de séminaire reprises pour une campagne de recrutement changent de finalité.

Les exceptions existent, mais elles sont étroites : le droit à l'information et la liberté de la presse, la création artistique, l'image d'une personnalité publique saisie dans l'exercice de ses fonctions. Pour cette dernière, c'est la finalité d'information qui justifie la publication, pas un consentement. La notoriété, seule, ne rend jamais une image publiable (service-public.fr, fiche n° F32103). Toutes supposent que la dignité de la personne soit respectée. Aucune ne couvre la publicité ni l'image de marque : un usage commercial exige toujours une signature.

  • Lieu privé, personne reconnaissable : oui, pour la captation et pour la diffusion
  • Lieu public, personne isolée et reconnaissable : oui
  • Foule, aucune personne individualisée : non
  • Sujet d'actualité, finalité d'information : non, si la dignité est respectée
  • Usage publicitaire ou commercial : oui, sans exception
  • Réemploi pour une autre finalité : oui, nouvel accord écrit

Que doit contenir une autorisation de droit à l'image ?

Depuis le RGPD, une autorisation remplit deux fonctions. Elle couvre la diffusion des images et informe la personne sur la protection des données. Elle dit qui conserve les fichiers, pourquoi, et comment retirer son accord. Le portail associations.gouv.fr énumère six mentions, Legalstart en détaille neuf pour le contexte professionnel. Nous en retenons dix.

  1. Identité de la personne photographiée — rend le consentement individuel et traçable.
  2. Identité de la structure qui diffuse — désigne le responsable du traitement des données personnelles, celui à qui la personne pourra réclamer un retrait.
  3. Types de prise de vue — photo, vidéo, voix : chacun doit être cité séparément, car un accord donné pour une photo ne couvre ni la captation vidéo ni l'enregistrement d'une intervention au micro.
  4. Supports de communication visés — site, réseaux sociaux, presse, supports imprimés, intranet.
  5. Finalités de la captation — communication interne, externe, relations presse : c'est la mention décisive, car une image autorisée pour l'intranet ne l'est pas pour une affiche en gare.
  6. Durée de l'autorisation — librement fixée, mais limitée et écrite.
  7. Zone géographique de diffusion — France, Union européenne, monde.
  8. Gratuité ou rémunération — préciser laquelle des deux s'applique : Associathèque demande d'inscrire cette mention.
  9. Mentions d'information RGPD — droit d'accès aux données, rectification, droit de retrait du consentement, contact pour les exercer.
  10. Date et signature — un exemplaire pour chaque partie.

Une autorisation « générale, pour tous les projets » ne protège personne : l'académie de Toulouse (20 janvier 2026) la juge sans valeur juridique, et Autonome Solidarité rappelle qu'une autorisation doit être particulière, jamais générale. Une autorisation de droit à l'image vaut ce qu'elle nomme : un projet, une finalité, des supports, une durée. Un formulaire de droit à l'image taillé pour une sortie scolaire ne convient pas à une convention d'entreprise.

Existe-t-il des modèles ou des formulaires types, et où les trouver ?

Oui, et ils sont nombreux. Les organismes publics en publient librement : collectivités territoriales, centres de gestion de la fonction publique territoriale, académies, universités. Ce sont presque toujours des documents à remplir, livrés sans mode d'emploi. Trois réflexes avant d'en reprendre un.

  • Lire la finalité déjà inscrite. Un imprimé d'établissement scolaire vise l'enseignement et la vie de l'école ; un imprimé de collectivité vise ses propres supports d'information. Ni l'un ni l'autre ne couvre la communication d'une entreprise. Réécrivez cette ligne en premier.
  • Se méfier de la durée pré-remplie. Un modèle de l'université Bordeaux-Montaigne inscrit trente ans. C'est la décision d'un émetteur, pas une norme : fixez la vôtre sur la durée de vie réelle de vos supports.
  • Vérifier les mentions d'information. Un imprimé peut n'en porter aucune : sans le contact à qui écrire, le droit de retrait inscrit dans le document est difficile à exercer. Ces lignes sont à ajouter avant signature.

Nous ne mettons aucun fichier en téléchargement, et c'est délibéré : les dix mentions listées plus haut sont à reprendre dans votre propre document et à adapter à votre événement.

Mineurs, majeurs protégés, invités : qui signe ?

Dès qu'un arbre de Noël, une journée portes ouvertes ou une remise de prix amène des enfants devant l'objectif, le régime change. Le droit à l'image des mineurs est exercé par leurs représentants légaux, dont l'autorisation écrite est obligatoire (service-public.fr, fiche n° F32103) ; l'accord de l'enfant lui-même est à recueillir dès qu'il est en âge de comprendre. Les modèles publiés par l'académie de Toulouse (20 janvier 2026) vont dans le même sens, avec une autorisation par projet, un exemplaire pour chaque partie et un encart réservé au consentement de l'enfant. En pratique, cela revient à un formulaire par enfant. Un majeur protégé, lui, signe seul dès que son état le lui permet ; sinon, c'est à la personne chargée de sa protection de saisir le juge ou le conseil de famille.

Le collaborateur signe lui aussi en son nom propre : le contrat de travail ne vaut pas accord, et son consentement reste individuel et révocable, y compris pour vos photos d'équipe. L'invité et l'intervenant extérieur, eux, signent au même titre que les autres : ne pas appartenir à l'entreprise ne dispense de rien.

  • Majeur : il signe lui-même, à raison d'un formulaire par personne.
  • Mineur : ses représentants légaux signent, et l'accord de l'enfant en âge de comprendre est recueilli en plus.
  • Majeur protégé : il signe lui-même si son état le permet ; sinon, la personne chargée de sa protection saisit le juge ou le conseil de famille (fiche F32103).
  • Collaborateur : il signe lui-même, et son accord reste individuel et révocable.
  • Invité, intervenant : il signe lui-même, et c'est l'organisateur qui recueille sa signature.

Adultes, enfants, cas particuliers : qu'est-ce qui change ?

Le principe ne change pas d'un cas à l'autre : ce qui varie, ce sont les lignes à ajuster dans le formulaire, et parfois il n'y en a aucune. Pour un adulte, rien à ajouter : son nom, la date, sa signature, et le document fait preuve. Pour un enfant, deux lignes s'ajoutent : l'identité des représentants légaux, et une finalité rédigée de façon assez précise pour qu'ils sachent où le cliché paraîtra (académie de Toulouse, 20 janvier 2026). Prévoyez en plus, à côté de la signature des parents, une case que l'enfant remplit lui-même.

Pour un salarié, aucune ligne ne change : il signe le même formulaire qu'un invité. La seule mention à ne pas négliger dans son cas est la clause de retrait, puisque c'est elle qu'il actionnera s'il revient sur son accord. Pour une personne décédée, il n'y a plus d'autorisation à demander. Ses proches peuvent en revanche contester la diffusion de son image lorsqu'elle leur cause un préjudice, par exemple une atteinte à la mémoire du défunt (fiche F32103).

Que risque-t-on en l'absence d'autorisation ?

Le risque se joue sur deux terrains, le civil et le pénal, ce dernier couvrant aussi le cas du montage. Sur l'un comme sur l'autre, une seule pièce compte : la preuve de l'accord.

  • Civil : retrait de l'image et dommages et intérêts. En pratique, cela donne une campagne stoppée en pleine diffusion et un support à réimprimer à vos frais.
  • Pénal : capter ou transmettre sans son accord l'image d'une personne qui se trouve dans un lieu privé expose à 1 an d'emprisonnement et 45 000 € d'amende, dès lors que l'intimité de sa vie privée est atteinte (art. 226-1). Diffuser ensuite cette image est puni des mêmes peines (art. 226-2). Hors de ce cadre et hors montage, la publication sans accord relève du juge civil (article 9 du Code civil).
  • Pénal — montage : diffuser sans consentement un montage réalisé avec l'image d'une personne, sans le signaler comme tel, est puni d'un an d'emprisonnement et de 15 000 € d'amende (Code pénal art. 226-8).
  • Preuve : c'est la structure qui diffuse qui doit démontrer qu'elle détenait l'accord (Associathèque). Sans formulaire archivé, vous n'avez rien à opposer à la personne qui conteste.

Lorsque la captation ou la diffusion sans accord est reprochée à une personne morale et non à un individu, l'amende encourue est majorée : c'est la règle du Code pénal sur la responsabilité pénale des personnes morales.

Une condamnation prend du temps ; la dépublication, elle, peut se décider aussitôt, parfois sur un simple courrier de la personne concernée. C'est à ce moment-là qu'on cherche le formulaire signé — et qu'on découvre s'il existe.

Comment recueillir les autorisations le jour J ?

Les fiches juridiques s'arrêtent au principe. Aucune ne dit qui fait signer quoi, ni à quel moment, le jour où les invités franchissent la porte. Voici le déroulé que nous recommandons, de l'invitation à l'archivage.

  1. Annoncer la captation et sa finalité dans l'invitation.
  2. Préparer un formulaire par personne, remis à l'accueil.
  3. Prévoir un signe discret pour repérer les refus — un badge d'une autre couleur — et en informer le photographe avant la première prise de vue.
  4. Désigner un responsable du recueil, côté organisateur.
  5. Archiver les formulaires avec le reportage, en traçant qui a autorisé quoi.
  6. Avant publication, vérifier le support, la durée et la zone de diffusion.

Deux dispositifs que nous pouvons mettre en place n'apparaissent presque jamais dans les formulaires : l'impression des photos sur place et la récupération par QR code. Ils font circuler les images bien au-delà de la communication de l'entreprise, jusque dans les téléphones des invités. Ces deux usages doivent donc figurer dans l'autorisation signée, au même titre que le site et les réseaux sociaux.

Les fichiers livrés sont eux-mêmes des données personnelles. Ils transitent par notre galerie privée sécurisée, pas par des pièces jointes que l'on se transfère de boîte en boîte sans savoir où elles s'arrêtent. Les formulaires signés, eux, restent chez l'organisateur, qui doit les conserver avec le même soin. Lors d'une soirée d'entreprise, l'accueil est le point de passage commun à tous les invités : c'est là qu'on remet le formulaire et qu'on le fait signer, avant que le reportage ne commence.

Ce guide résume des sources publiques citées dans le texte ; il ne remplace pas l'avis d'un professionnel du droit.

Questions fréquentes

À quel moment faire signer l'autorisation de droit à l'image ? +
Avant la captation, jamais après : poser devant l'objectif et autoriser la diffusion sont deux actes distincts (Associathèque, 14 août 2024). En pratique, faites signer à l'arrivée de l'invité, pas au moment où la photo part en ligne.
Quelle est la durée du droit à l'image ? +
Le droit lui-même reste attaché à la personne, et aucune durée ne lui est fixée. Ce qui est borné, c'est la durée de l'autorisation : vous la fixez librement, mais elle doit être écrite et limitée. Alignez-la sur le temps pendant lequel le support restera réellement en ligne ou en circulation.
Quel article de loi protège le droit à l'image ? +
Le fondement est l'article 9 du Code civil, qui consacre le droit au respect de la vie privée. Le volet pénal relève des articles 226-1 et 226-2 du Code pénal, pour la captation et la diffusion sans accord d'une image prise dans un lieu privé, en portant atteinte à l'intimité de la vie privée.
Quelles sont les exceptions au droit à l'image ? +
Le droit à l'information, la création artistique, la foule sans personne individualisée, la personnalité publique dans l'exercice de ses fonctions. Elles supposent le respect de la dignité de la personne et un usage non commercial (fiche F32103).
Peut-on filmer quelqu'un sans son autorisation ? +
En principe non, dès lors que la personne est identifiable. Filmer une personne en lieu privé sans son accord est sanctionné même sans diffusion, lorsque l'intimité de sa vie privée est en cause (Code pénal, art. 226-1). En lieu public, une personne isolée et reconnaissable doit consentir.
Comment obtenir le retrait de son image ? +
La personne écrit à l'auteur ou à l'éditeur du site pour demander le retrait ; à défaut, elle peut saisir le juge. Dans le formulaire, la clause qui organise le droit de retrait désigne la personne à contacter et la démarche à suivre.
Comment porter plainte pour atteinte au droit à l'image ? +
La plainte se dépose au commissariat, à la gendarmerie, ou par courrier adressé au procureur de la République. En cas d'urgence, un référé devant le juge civil permet de faire cesser la diffusion (service-public.fr).

Pour une demande de devis ou une prise de contact rapide : Écrire au studio ou appelez le +33 6 03 19 19 31.